Welcome!

Vous me connaissez peutêtre... Mary, rédactrice de Tokiohotel0903, co-rédactrice de Th-haben-gelesen et fan absolue de MiniMoi....

Ralala c'est terriblement formel tout ça!! Bref j'étofferais ça un peu plus tard... Pour le moment... C'est partie mon kikiiiiiiiiiiii...

(Ceux qui connaisse Th-haben-gelesen doivent se douter d'ou me vient mon inspiration)


Welcome!

# Posté le mercredi 21 novembre 2007 11:38

Modifié le jeudi 22 novembre 2007 10:25

1. Par une nuit sans lune.

Londres, 9 Mars 1871, 4h.

C'était un de ces soirs sans lune, un de ces soirs ou l'obscurité et les vapeurs nauséabondes formaient une épaisse nappe poisseuse, s'élevant mollement du sol des rues Londoniennes désertes. Pas un bruit ne troublait le calme étouffant de la nuit glacée.
Soudain, dans la lumière vacillante d'un lampadaire à gaz, une ombre fantômatique se forma. La petite silhouette s'arrêta quelques secondes, comme pour s'imprégner de cette source lumineuse, avant de reprendre sa course.
La lueur du lampadaire suivant dévoila une jeune fille blanche comme la mort, vétue de ce qui avait du être une somptueuse robe de bal, mais dont elle retenait dans ses mains ensanglantées les jupons boueux, pour faciliter ses mouvements. Son visage délicat, aux traits aristocratiques, était marqué par une véritable épouvante. Ses yeux couleurs de Gentiane, voilés par les ténèbres, parcouraient les facades autours d'elle, comme dans la recherche silencieuse de quelqu'un pour l'aider. Les mèches de ses cheveux défaient étaient collés sur son front par la sueur.
Ses petits pieds, mal protegés dans leurs enveloppes de velours, se prirent soudain dans un pavé moins bien ajusté que les autres, et la jeune fille chûta sur le sol gluant de crasse. Ses longues boucles blondes alourdis par l'air saturé d'humidité roulèrent sur ses épaules tandis qu'elle pleurait de rage en tentant de se relever. Ses doigts écorchés s'accrochaient au mur le plus proche mais une douleur atroce provint de sa cheville brisée et elle se laissa tomber dans la boue avec un sanglot.
Aussi silencieuse que la mort elle même, une haute silhouette approcha alors doucement dans le dos de la jeune fille, pas à pas, le vent glacial soulevant les lourds pans de son manteau noir. Egourdie par la douleur, la peur et le désespoir, elle ne l'avait pas encore vu. L'homme ne se pressait pas, se régalant visiblement de voir sa proie à terre. Subitement consciente de la proximité de quelqu'un, la blonde se tourna d'un bond face à son agresseur encore caché par l'ombre. Immobilisée sur le sol, tremblante de peur et de froid, perdue dans les plies en charpies de ses jupes détrempées, elle rappelait les Nymphes Antiques dans son innocence et sa fragilitée.

- Qui êtes vous? Je... Je vous en pris. Laissez moi partir... Pourquoi faites-vous cela...

L'homme se contenta de sourire cruellement et s'avança dans la lumière. En reconnaissant son agresseur, la jeune fille sembla perdre tout espoir. Elle fût soulever par un haut de coeur qui la courba en deux vers le sol détrempé. Lorsqu'elle releva la tête, le visage ruisselant de larmes, ses yeux semblaient encore plus sombre, comme le signe de sa défaite. Elle ne pouvait plus fuir, elle le savait. Moment si cruel, si fugace, ou l'être humain renonce à la vie.
Un autre aurait peutêtre été attendri. Mais l'homme, qui n'avait d'humain que le nom, s'agenouilla et saisit dans sa main le petit menton tremblant de la malheureuse, comme pour sonder ses prunelles. Il ne détacha pas son regard d'elle quand, dans un éclair, il enfonca jusqu'à la grade la lame d'un couteau dans son ventre.
Il lut la surprise, puis la douleur se dessiner sur ses traits. Puis la blonde s'affaissa lentement sur lui avec un gémissement étouffé. Dans ses yeux mauves, la lueur de la vie s'éteignit lentement, au rythme du sang qui s'écoulait de sa blessure. Lorsque la petite flamme vacilla puis disparue, et que le dernier souffle de sa victime éffleura ses lèvres en un léger soupir, le tueur repoussa avec dégout le corps qui s'effondra sur le sol poisseux comme une poupée de chiffons. Mais au lieu de quitter le lieu de sa macabre besogne, il saisit le manche de son couteau ensanglanté et lacéra le petit corps sans vie durant de longues minutes. Sa folie calmée, l'homme essuya nonchalament la lame sur son manteau et s'en fût dans la lumière hésitante du petit matin.

Le soleil se leva, dardant de ses rayons la cadavre de Shelby Sparling.



1. Par une nuit sans lune.

# Posté le mercredi 21 novembre 2007 15:51

Modifié le vendredi 23 novembre 2007 16:22

2. Une mise au vert.


Montargis, 13 Octobre 2007.

- Puis-je prendre la parole Messieurs?
- Vasy Billou...
- Merci très cher. Je serais clair et concis. Qu'est ce qu'on fout là???
Gustav souleva un sourcil, dans une mimique qui ne disait rien qui vaille. Mais Bill, rodé depuis longtemps aux techniques d'intimidation de son ami, se contenta de pointer un doigt accusateur vers l'épaisse batisse qui se dressait devant eux.
- C'est "ça" ton Manoir quatre étoiles avec piscine? Elle est ou d'ailleurs cette piscine? Dans mon c..
- T'es injuste frangin, on a pas encore visités le... Heu la forêt vierge qui sert de jardinet à cette luxieuse... Maisonnette... Légèrement décrépie je te l'accorde. Vive la France!
Tom s'esclaffa tandis que l'intrépide Georg tentait de se frayer un chemin dans les ronces qui leur barraient l'entrée du jardin.
- Mais c'est qu'il est drôle en plus, marmonna Bill en époussetant soigneusement son jean.
- Au moins ici on aura la paix. Pas de manager tendu comme un string, pas de groupies, pas de photographes...
- Et qui t'as dis que ça me dérangeait moi, les groupies et les strings?
Bill ponctua sa remarque d'un mouvement de tête légèrement dédaigneux, ce qui avait le don d'agacer Gustav. Le blond attrapa fièvreusement sa valise et se décida à frapper à la porte de bois vermoulue. Quelques secondes s'écoulèrent, seulement troublées par les cris d'agonie de Georg qui venait de déchirer son tee shirt neuf en voulant escalader un muret.
Soudain la porte grinça sur ses gonts et une vieille femme, sans doute aussi vieille que la maison, passa sa petite tête ridée dans l'entrebaillement.
- Qu'est ce que c'eeeest?
- Bonjour Madame, nous avons reservé cinq chambres et...
- Ah oui, entrez grogna la vieille femme.
Elle s'effaça sur le coté pour laisser passer les jeunes gens, et en se glissant devant elle, Gustav l'entendit marmonner quelque chose à propos de "jeunes fauteurs de trouble". Il ne put s'empêcher de sourire. Les craintes de la gardienne était relativement compréansibles. Avec leur look décalé, et surtout loin des caméras, ils ressemblaient plus à de jeunes punks qu'à des vacanciers avides d'un retour aux sources.
- Vos chambres se trouvent au premier étage. Attendez moi là, je vais réenclencher le disjoncteur. Quand je suis seule ici, je me contente d'une ou deux prises d'éléctricité dans l'office.
La vieille femme s'éloigna d'un pas claudinant, et Gustav en profita pour jetter un regard autours de lui. Seul la faible lumière de la fin d'après midi éclairait l'entrée, mais elle semblait élégament meublée et propre. Derrière lui, Georg poussa un petit cris en passant à deux doigts de briser un somptueux vase.Echaudé, il se plaqua contre le mur malgrès les tentatives de Tom pour le pousser à la faute. Bill, quand à lui, se tenait droit comme un I, jettant autour de lui des regards mi-agacé, mi-admiratif. Malgrès sa mauvaise volonté, le brun était très sensible à l'élégance, et le faste certe dépassé mais indéniable de ce qu'il voyait semblait avoir momentanément tarie ses bougonnements.
La gardienne revint subitement vers eux. Elle les conduisit dans l'escalier, seulement éclairé par la lueur de sa bougie.
- Je n'ai pas encore pu tout remettre en marche. Ce sera reglé par mon mari ce soir.
Les quatres garçons la suivirent, les bruits de leurs pas étouffés par l'épais tapis. Elle leur désigna un long corridore faiblement éclairé.
- Les chambres se trouvent ici. Vos noms sont indiqués sur les portes. Les déjeuners sont servis à 8h,12h et 19h. Bonne soirée jeunes gens.
Gustav laissa les autres contempler les oeuvres d'art qui décoraient le couloir et poussa la porte de la première chambre, qui était la sienne, voisine de celle de Georg et face à celle de Bill. Tom occupait la dernière chambre à gauche mais passerait probablement ses nuits avec son frère. Quand à la dernière chambre, elle était reservée à leur garde du corps, que David leur avait imposé. Le colosse devait actuellement se débattre avec les bagages phénoménaux qui suivaient Bill partout. Souriant à cette idée, Gus appuya sur un interputeur et la spacieuse pièce s'éclaira, étonament lumineuse par rapport aux escaliers et au couloir à peine éclairés.
Le souffle coupé, le jeune homme ne savait plus même ou poser son regard tant il y avait de merveilles à contempler. Les murs et les plafonds étaient délicatements ouvragés, réhaussés d'or et de blanc cassé. Le sol était couvert de tapis moelleux aux motifs gracieux. Les meubles de bois laqués semblaient confortables et accueillants. Sur plusieurs guéridons se trouvaient d'immenses bouquets de fleurs odorantes. Au fond de la pièce trônait un magnifique lit à baldaquin orné de coussin moelleux et dont les épaisses draperies brodés d'or semblait former un nid douillet.
Gustav posa son sac à dos par terre et glissa un doigt songeur sur le luxieux secrétaire qui faisait face à une porte fenêtre donnant sur un balcon. Au vu des cris d'admiration de ses amis, les autres chambres étaient sans doutes aussi belles.
Curieux, il les rejoignit. Les autres pièces étaient sensiblement meublées comme la sienne, mais dans des coloris différents. Bill notament disposait d'une chambre bleu roi qui le ravissait. Chacun disposait d'un petit cabinet de toilette, ou se trouvait, luxe suprème, une vaste baignoire à pied de fauve.
- Le moin qu'on puisse dire, c'est que l'intérieur est un peu plus sympathique que l'extérieur.
Tom se jetta sur son lit avec un grognement de satisfaction.
- Réveillez moi dans deux mois.
- Tommy... Je te rappel qu'on est là pour se mettre "au vert" et trouver l'inspiration de nos nouveaux morceaux!!
Le dreadeux se redressa et considera la pièce avec un sourire en coin.
- Je ne vois pas ce que cette maison pourrait m'inspirer à part un opéra Baroque.
- Second Empire en faite. La maison à été meublée à cette période. Le Baroque date plutôt du 18ème siècle... Tout était basé sur le cerle, sur l'effet des couleurs, du dramatique... On appel ça aussi le Rococo...Alors que sous le Second Empire se centre surtout sur l'aspect confortable, les meubles capitonnés, l'orfèverie et...
Gustav stoppa net à la vue de ses trois amis bouche bée.
- Ben quoi?
- Qui êtes vous et qu'avez vous fait de Gustav?
Le blond leur tira la langue dans un geste tout à fait mature et rejoignit sa chambre tête haute. Plus jeune, il adorait aller au musée avec sa soeur ainée, qui était passionnée par l'histoire de l'art, et lui avait appris des millions de choses.
Alors qu'il vidait tranquillement sa valise, Georg glissa la tête dans l'entrebaillement de la porte.
- Dis Gus ça s'appel comment ici?
- Le Manoir Sparling.



2. Une mise au vert.

# Posté le vendredi 23 novembre 2007 09:13

3. Un souffle glacé.

Ta, tada, tadata...

Gus posa ses baguettes en soupirant. Il poussa doucement la porte de sa chambre afin de visiter l'immense batisse pour tromper l'ennuie de sa nuit blanche. De l'autre coté de la cloison lui provint les ronflements bienheureux de Tom, seul trouble dans le silence feutré de la maison. Le vieux mari de la gardienne avait gentillement remit en fonction toutes les lampes de la maison. A la lumière, elle était encore plus belle, plus cossue. Chaque fenêtre était ornée de banquettes moelleuses garnies de coussins, de lourds rideaux soigneusement tirés pour la nuit. Les murs étaient tapisés et réhaussé de décorations sculptés. Le blond ne pouvait poser son regard quelque part sans pousser un soupir d'admiration. Soudain, au détour d'un couloir, il stoppa net et se retourna d'un mouvement brusque. Gustav était persuadé d'avoir sentit quelqu'un se glisser derrière lui. Ses yeux sondèrent le long corridore sombre sans rien trouver.

- Sors de là Georg c'est pas drôle...

Un silence pesant lui répondit. Repoussant l'étrange impression d'un mouvement d'épaule, le jeune homme se concentra à nouveau sur une peinture qui représentait un homme dignement vétu d'une redingote de velour vert. Il aimait la finesse du pinceau, l'harmonie des couleurs. Ce qui faisait de lui un si bon musicien, était sans doute sa recherche permanente du "beau". Peu à peu, insidieusement, la présence qui venait de l'alerter se manifesta à nouveau. Des murmures indistincts semblaient provenir des murs. Un frisson remonta le long de sa colonne vertébral, aussitôt suivit par une sueur froide qui oindait son dos. Il sentait un froid glacial envahire ses membres, traversant le tissu fin de son pijama, mais il était encore trop plongé dans sa contemplation pour retourner dans sa chambre. A chacune de ses inspirations, il lui semblait qu'une vague odeur sucrée assaillait ses narines. Lorsqu'elle devint écoeurante, il se décida à quitter le couloir en maintenant la manche de son pijama contre son nez. Malgrès tout, l'étrange effluve se faisait de plus en plus insistante. Soudain, il se rendit compte avec répugnance que l'odeur était celle de la viande en décomposition. Un haut de coeur l'envahit et il se courba en deux. L'air qui s'échappait de ses poumons formait une buée compacte.
C'est alors que tout contre son oreille il entendit un soupir mélancolique, et sentit un souffle tiède et âpre caresser sa joue.

Prit de panique, le jeune homme rejoignit sa chambre au pas de course, et ferma fébrilement la porte derrière lui. Une fois blottit sous ses couvertures, Gustav ne put s'endormir qu'après de longues heures.

- T'es tombé sur un rat crevé et il y a eu un courant d'air. Point.

Bill ponctua sa phrase d'un hochement de tête. Gustav baissa le nez dans son café au lait. Depuis qu'il leur avait raconté son escapade de la nuit, ses amis cherchaient toutes les hypothèses possibles pour expliquer ce qui s'était passé. Madame Olitraud, la gardienne, revînt dans la pièce avec une assiette de Toasts.

- On ne trouve pas de "rat crevé" dans ce château monsieur Kaulitz. Je me flatte de tenir les 35 pièces de ce manoir impécablement propres.

Le jeune homme fronça les sourcils mais n'osa pas tenir tête à la vieille femme. Il était lui même habitué à parler en Parôle d'Evangile et la réflexion sèche de la Française l'avait vexé. Il tartina copieusement son croissant en évitant ostensilement le regard gogenard de son jumeau.

- Ne le prenez pas mal madame Olitraud, il était tard, j'ai peutêtre déliré tout seul. La maison est si étrange la nuit.

La gardienne lui jetta un coup d'oeil glaçé.

- Evitez de quitter votre chambre après minuit. Vous savez ce que c'est... Dans les vieilles maisons...

Lorsque le gargantuesque petit déjeuner eut rejoint l'estomac des garçons, ils se rendirent au petit salon du deuxième étage, ou David leur avait fait porter leurs instruments. Bill se plongea dans le texte sur lequel il planchait depuis quelques jours. Son jumeau empoigna sa guitare.

- C'est étrange de bosser dans un cadre pareil. Mais pas désagréable.

Comme pour confirmer sa déclaration, il se lança dans le solo qu'il effectuait d'ordinaire en fin de concert, et qui lui demandait beaucoup de concentration. Les notes de musiques s'échappaient de sa guitare, accompagnées des gouttes de sueurs qui perlaient de son front. Ses longues dreads se balançaient d'avant en arrière. Il semblait à Gustav qu'on ne pouvait plus même distinguer les doigts de Tom tant ils couraient vite sur l'instrument. Lorsque le jeune homme s'arrêta en reprenant son souffle, un silence émerveillé lui servit de salue. Ses talents de guitariste faisait l'unanimité. Georg sortit des partitions de sa sacoche et rejoignit Bill. C'était lui qui allait mettre en musique les paroles de la chanson en court d'écriture. Un travail difficile, tant était importante la mise en valeur des véritables poésies qui naissaient de la plume du jeune androgyne. Songeur, Gustav s'installa à sa batterie, accompagnant d'un tempo feignant les gammes de Tom. Il en profitait pour observer la pièce autour de lui quand son regard tomba sur un tableau qui ornait le fond de la pièce. En s'approchant, il vit qu'il représentait une jeune fille, à peine adolescente. Posant de trois quart, elle était vétue d'une sage robe rose pâle soulignant sa taille fine. De longues boucles blondes d'échappaient de son chapeau de paille. Mais ce qui marquait le plus Gustav, c'était ses yeux. Ils avaient une couleur mauve foncé, presque noir, ourlés de long cil. Un petit nez retroussé et une bouche ronde complétaient son joli visage en coeur. Tout en elle exprimait l'innocence et la fraîcheur. Le regard rêveur de la jeune fille en rose semblait plonger dans le sien.

Gustav se sentait inexplicablement attiré par le portrait. Prit d'une sorte de fièvre, il tendit une main vers la toile et frôla le visage peint avant de la retirer avec un sursaut. La toile était tiède et douce... Comme une peau humaine. Un souffle glacé sembla l'envelopper avant de disparaitre subitement. Le blond se retourna vers ses amis qui n'avaient visiblement rien remarqué.

- Je... Je vais boire un verre d'eau.

Il quitta la pièce subitement. Sa tête le tournait. Arrivé dans la cuisine du rez de chaussé, il se cogna contre la gardienne qui lustrait des cuivres. La femme le regarda longuement. En croisant son reflet dans un miroir, Gustav constata qu'il était blanc comme la mort.

- Seules les chambres sont protégées. Les autres pièces sont à leur merci. Mais avant la nuit ils ne seront que souffle, rien à craindre mon garçon. Pas de danger avant minuit.

Avant que le jeune homme ait le temps de comprendre, elle avait quitter la cuisine avec ses casseroles. Encore un peu étourdie, le blond s'aspergea le visage d'eau fraîche. Penché sur l'évier, il essayait de comprendre les paroles de la gardienne. Peu à peu les pièces du puzzle semblaient s'assembler dans sa tête. La maison était elle... Hantée? Non, c'était impossible. Et même si c'était le cas, pourquoi serait il le seul à être victime de ces phénomènes étranges? De toutes façons la question ne se posait pas.

- Deux jours ici et tu commences déjà à délirer mon pauvre Gustav. Les fantomes, ça n'existe pas. Arrête le shit et repose toi. Après tout c'est bien pour ça que ton manager t'a envoyé ici nan?

Ragaillardi, il remonta lestement les escaliers en faisant un détour par sa chambre pour récupérer un sweat-shirt. Tandis qu'il refermait sa porte, il remarqua un étrange marquage sur la tranche du bois. Une sorte de croix. Ebahit, il vérifia fébrilement les autres portes pour constater la présence de l'étrange croix. Les paroles de la gardienne lui revînrent en tête. "Seules les chambres sont protégées. Les autres pièces sont à leur merci". Il rejoignit le reste du groupe à l'étage du dessu, en vérifiant toutes les portes sur son passage. Une terrible evidence s'installa en lui. Seules les portes des chambres étaient marquées. A moins que cela soit l'oeuvre de la vieille plongée dans son délire, quelqu'un avait éffectivement prit la peine de graver la croix sur ces portes.

Pour repousser quoi?


3. Un souffle glacé.

# Posté le mercredi 28 novembre 2007 15:11

4. Plus noir que la nuit.

Bill raccrocha d'un air las.
- Loupé... David ne veut pas qu'on rentre avant d'avoir bouclé l'ecriture de l'album. Quel tyran.
Un silence lourd accueillit sa remarque, et tous les regards se dirigèrent vers Gustav, qui gardait les yeux baissés.
- Gustichou... C'est toi qui a voulus nous faire venir ici... Et subitement tu veux partir... Tu peux nous expliquer?
Le jeune homme se renfrogna encore un peu plus. Il jetta un rapide coup d'oeil vers la fenêtre, qui donnait sur le parc envahit par le crépuscule. Un frisson traversa ses membres. Mais comment leur expliquer? "Ouais les mecs la maison est hantée faut qu'on rentre au bercail"
Ils allaient lui rire au nez.
Depuis la découverte des croix quelques heures plus tot, le blond était resté prostré sur sa chaise, avant de supplier Bill (le chouchou de David) de négocier leur départ rapide. La simple idée de passer encore une nuit dans cette maison maudite lui paraissait insupportable. Le bout de ses doigts semblaient encore imprégnés par la sensation de peau sur le tableau de la jeune fille en rose.
- Moi je me plais ici... L'endroit m'inspire.
Tom se laissa tomber sur les genoux de son frère qui ne réagit même pas, les yeux dans le vague.
- J'avoue que je me plais aussi ici... Et toi Ginou?
Le brun hocha la tête avant de se replonger dans sa DS. Une délicieuse odeur commençait à monter dans la maison et renforça encore le sourire béa de Tom.
- Et en plus, l'ancêtre nous fait des repas savoureux. Vous je sais pas, mais moi je cours, je vole, jusqu'à la cuisine.
Le dreadeux quitta alors la pièce, suivit de Georg qui était si plongé dans sa partie de Mario qu'il passa à deux milimètres de se défigurer en se prenant un coin de porte. Bill, lui, n'avait pas bougé. Il continuait à regarder au loin. Puis ses yeux chocolats se décollèrent de la fenêtre pour se poser sur le blond. Mal à l'aise, le jeune homme se redressa.
- On va manger?
- Si tu veux... Mais je n'en démordrais pas. Tu es bizard depuis hier.
Gustav repoussa la remarque d'un geste léger et rejoignit les autres, suivit pas un Bill toujours aussi rêveur. C'était tout lui. Quand il ne rouspétait pas, il partait dans un cosmos fort fort lointain.
Comme Tom l'avait deviné, le repas était plus que délicieux. La tourte aux poireaux, le rotis de Biche accompagné de pommes duchesse et le gateau au chocolat furent engloutis en quelques minutes. Madame Olitraud semblait toujours aussi affable, et ne fit aucune remarque concernant leurs discutions de l'après midi. Cependant, Gustav remarqua que par moment, la vieille femme se figeait et regardait quelque part dans le vide. Il suivait immédiatement son regard, mais sans rien voir. Ce manège avait recommencé 3 ou 4 fois durant le diner, mettant le blond de plus en plus mal à l'aise. Une fois la dernière bouchée avalée, les garçons rejoignirent le premier étage, ou leur garde du corps leur avait bricolé une antenne afin qu'ils puissent regarder un peu la télé dans un des salons. Les jumeaux commencèrent à se chamailler sur le choix du programme. Habitués depuis longtemps à ces scènes, Georg rejoignit Gustav pour lui taper sur l'épaule.
- Tu veux pas me dire ce qui t'arrive? T'es étrange aujourd'hui.
Presque mot pour mot les paroles de Bill. Gustav haussa les épaules.
- Un petit coup de blues c'est tout. On est plus habitués à cette forme de solitude, loin des médias, des fans...
- Ce n'est pas justement ce que tu recherchais?
- Si... Mais finalement ce n'est peutêtre plus mon truc, de vivre comme tout le monde.
Georg pouffa de rire.
- Faut t'y faire. Viendra bien un jour ou on replongera dans l'ombre. Bill finira drogué, Tom se reconvertira dans le X, moi je reprendrais l'épicerie de mon grand père et toi tu bossera dans un musée.
C'était un sujet de plaisanterie assez récurant chez eux. L' "après Tokio Hotel". Gustav esquissa un sourire et feignit de se plonger dans la partie de Mario Kart que Georg entamait. Soudain, les jumeaux tombèrent à leurs pieds, plongés dans une de leurs habituelles bastons. Difficile de dire lequel des deux dominait. Tom était moins frèle, mais Bill avait une volonté de fer. Il y a encore quelques années, Georg et Gustav les auraient séparés. Mais depuis le temps, ils avaient bien compris que c'était inutiles. Les frères n'échangeaient que des empoignades, ne cherchant pas à faire mal à l'autre, mais juste à le dominer. Finalement, ce fut Bill qui sortit vainqueur, et il décida de fêter sa victoire avec une tournée de Vodka. Les quatres garçons s'assirent donc en rond, enchainant les culs secs. Ils buvaient assez rarement, et Georg fut le premier à déclarer forfait. Gustav, lui, baignait dans une sorte de félicité. Il avait peutêtre but un peu plus que les autres, comme pour oublier ses peurs. Et ça avait marché. Top ivre pour rejoindre sa chambre, il se laissa aller sur le sofa moelleux et s'endormit. Il ne savait pas ou était les jumeaux, ni même l'heure qu'il était. Il s'en fichait.

Quelques heures, quelques minutes, ou peutêtre quelques secondes après avoir fermé les yeux, Gustav fut tiré de son someille par une étrange sensation. Il souleva difficilement les paupières, l'esprit embrumé, et se redressa sur son séant. Il lui fallut quelques secondes pour s'habituer à l'obscurité quand soudain il sentit ses entrailles se contracter, et sa tête tourna légèrement. Il n'était pas seul dans la pièce. Quelqu'un, ou quelque chose, respirait à coté de lui. il recula avec un grognement, pour s'éloigner le plus possible de la présence. Mais la peur lui avait coupé les jambes, et il ne pu que se faire glisser à l'autre bout du sofa. Il empoigna un coussin qu'il brandit devant lui, dans une défence dérisoire. L'odeur de viande pourrie envahit ses narines, aussi écoeurante, mais un peu plus légère que la dernière fois.

Peu à peu, elle finit même par s'estomper, laissant place à des effluves de Gentiane. Gustav glissa un oeil au dessu du coussin derrière lequel il se pelotonnait. La pièce était toujours aussi sombre, mais dans la lueur hesitante de la lune passant par la fenêtre, une silhouette se dessinait. Comme si elle avait sentit le regard de Gustav, la silhouette se déplaca souplement, mais le jeune homme pu continuer à la suivre du regard, car là ou elle se déplacait, l'obscurité de la pièce s'intensifiait, mais la forme se détachait du reste, comme si elle était plus noir que la nuit elle même.
- Qui... Qui êtes vous?
Soudain, Gustav réalisa qu'il était transit de froid. Son souffle se transformait en buée. Il était bien face à l'apparition de la nuit dernière. Une sorte de courant d'air l'enveloppa, mais cette fois, il n'était pas glacial, mais presque tiède, et la sensation de fraicheur le quitta. Comme si la chose en face de lui ne lui voulait plus de mal.

- je saigne.

La voix qui avait murmurer ses mots était aussi douce que la brise du printemps effleurant une pétale de fleur. A ce moment là, les nuages qui voilaient la lune se dispercèrent, et Gustav pu distinguer ce qui se tenait face à lui. Son coeur loupa un battement et il poussa un hurlement déchirant de terreur.


4. Plus noir que la nuit.

# Posté le jeudi 13 décembre 2007 09:51

Modifié le jeudi 13 décembre 2007 10:39